Paroles ...

Tous les textes, à l'exception d'Ah! Les salauds d'Aristide Bruant sont signés de la plume à bille de Fred Guerbert et les musiques de Claude Clin.

Acolytes

( F.Guerbert / C.Clin)

Acolytes Deux Figurants

Voila nos corps qui se penchent

Sur des histoires de manches    

Les soifs qu’on étanche

Et les désirs qu’on épanche

Et mes mains sur tes hanches

On se raccroche aux branches

Des prises multiples

Des lampes

Qu’on allume

Et qu’on débranche.

 

Et demain, c’est dimanche

Et le doute s’invite

Et je n’ai de cesse

De prendre la fuite

Est-ce à cause des acolytes

Que l’on se tient côte à côte.

 

Tu veux jouer la revanche

On retrousse nos manches

Le cheval en pâture

On rejoue les ouvertures

La tour dame le pion

Le fou mate la reine,

Je cherche le pat

Et me retrouve échec

Echec et mat.

 

 

Voila nos corps qui se penchent

Sur des histoires de manches    

Et les soifs qu’on étanche

Et les désirs qu’on épanche

Et mes mains sur tes hanches

On se raccroche aux branches

Des prises multiples

Des lampes

Qu’on allume

Et qu’on débranche.

 

Hier, c’était dimanche

Et le doute s’invite

Et je n’ai de cesse

De prendre la fuite

Est-ce à cause des acolytes

Que l’on se tient côte à côte.

 

Dans Célie

( F.Guerbert / C.Clin)

Dans célie Venus Deux Figurants

Si dans Célie, je m’abandonne,                   

Ce n’est pas par pure paresse,

Mais pour m’offrir à ses caresses

En son jardin des délices.

Sceller mon désir contre elle

Dans un lassis de ficelle                               

De dessous superficiels                                                     

Pour oublier dans ses dédales           

Les affres, les précipices.

Les méandres de la tristesse.

 

Tel l’icône de Botticelli

Vénus nue dans sa coquille  

Un ange déchu, tombé du ciel

Dans mon plume déploie ses ailes. 

 

Silencieux, je m’emprisonne                         

Dans ses lits délicieux                                  

C’est dans Célie que je me perds                 

En des ébats silencieux.                                

Car si sa langue se délie                                

C’est pour commettre des délits                   

Et elle fait ciller ses yeux                              

Se délasse sous la caresse.                            

 

A la lisière de son calice                                           

Je cède à tous ses caprices,                           

A ses soupirs de princesse,                                                   

Libertine sélénite

Elle pose sa lune rousse,                               

Ses hanches pleines,

Et sa fleur de lys  

Sont ses liens qui nous unissent.

 

Célie ai-je en ces lieux

Manqué de cœur ou de sérieux    

 

Dans ses lits licencieux                                 

Dédaignant les bracelets

Scellés autour de ses poignets

Sans supplique elle s’abandonne.

 

Qui pourrait changer la donne

Refuser qu’elle s’avance

M’assouvir en chien savant,

Faire de douces lichettes,

Pirouettes et galipettes,

Jusqu’à en perdre la tête.

 

Célie ai-je en ces lieux délicieux

Manqué de cœur ou de sérieux  

 

C’est l’hiver, le ciel est bas.

Ses lilas profitent d’une embellie

de pis-aller, en pissenlits,                  

Ses draps lapis lazuli

Réconcilient en dociles délices                     

Les corps nus au creux                                                                                          

Roulis de lèvres lisses et lippues,

Liqueurs au parfum de litchis.

 

Célie ai- je en ces lieux délicieux

Manqué de cœur ou de sérieux

Tel l’icône de Botticelli

Vénus nue dans sa coquille  

Un ange déchu, tombé du ciel

Dans mon plume déploie ses ailes

 

 

Dimanche de merde

( F.Guerbert / C.Clin )

Dimanche de merde

Irascible ciel de plomb

Qui squatte sur ma tête en brouille

Ma cinquantaine d’hivers

Qui claque des dents

Et glace les os

De mes quarante printemps.

 

Est-ce que l’on a perdu notre temps

A se plaindre et se morfondre

Nos squelettes qui s’effritent

Et nos grands corps qui s’effondrent.

 

Le dimanche, en balade

On sort prendre le bon air

Et nous comptons les moutons

Qu’en automne on ne tond

Et quand les hannetons

Entonnent une chanson

Sous la pluie battante

Nous rentrons vite à la maison

 

Y a des jours, on dirait des semaines

Regarde-moi ce dimanche de merde.

 

Est-ce que l’on a perdu notre temps

A se plaindre et se morfondre

Nos grands corps qui s’effritent

Et nos squelettes qui s’effondrent.

 

 Irascible ciel de brouille

Qui squatte sur ma tête en plomb

Ma cinquantaine d’hivers

Qui claque des dents

Et glace les os

De mes quarante printemps.

 

Le dimanche, en balade

On me sort prendre le bon air

Et nous comptons les moutons

Qu’en automne on ne tond

Et quand les hannetons

Entonnent une chanson

Sous la pluie battante

O n me ramène vite à la maison

 

Y a des jours, on dirait des semaines

Regarde-moi ce dimanche de merde

Emma

Dans la moiteur blonde

Des rayons de l’été

Au creux d’un hamac                   

Emma se languit

Les voiles de la moustiquaire

Effleurent sa peau nue

L’ombre d’un pin parasol

Jette sur son décolleté

Un clin œil intéressé.

 

Emma eût aimé

Qu’on l’aima mieux

Mais les amants d’Emma

Ne l’aimaient pas

Pour ce qu’Emma

Eût aimé qu’on l’aima.

Emma eût aimé

Qu’on l’aima mieux

 

La belle Emma soupire,

D’être ainsi délaissée

Par ces hommes un peu trop pressés      

D’assouvir dans un râle

Leurs désirs empesés.

Alors pour passer le temps

Et se consoler

Emma ne voit pas de malice

A se passer de complice.

 

Emma eût aimé

Qu’on l’aima mieux

Mais les amants d’Emma

Ne l’aimaient pas

Pour ce qu’Emma

Eût aimé qu’on l’aima.

Emma eût aimé

Qu’on l’aima mieux

 

La main d’Emma se faufile

Dans l’entrelacs de mousseline,

Entrouvrent  les persiennes de soie

Sur une rivière de diamants

Emma se comprime,

Et s’empresse,

Et  sous  sa langue titubante

Scintille l’émail de ses dents.

Emma se masse

Avec mollesse

Et s’égare dans la jungle

Sous une pluie

Diluvienne.

 

 

En Quarantaine

 

Je suis mis sur mon trente et un

Pour aborder la cinquantaine

Mais me voilà en quarantaine

Je ne croyais pas en ces fredaines 

Pourtant j’ai pris de la bedaine

Je me lamente,  je me traine

Comme un vieux bouc, mauvaise haleine

Je crois qu’je file un mauvais coton

J’ai  la quenouille qui bat de l’aile

Presque plus rien dans mon bas de laine

 

J’ai couru à perdre haleine

Après qui, pourquoi ?

C’était bien la peine

J’irai vendre mes oripeaux

Faire de la soupe dans des vieux pots

J’irai cul nu à Cotonou

Avec un sac chargé de cailloux

A moins que je prenne un train pour Marseille,

Et me faire des langoustines au pistou

 

Je suis mis sur mon trente et un

Pour aborder la cinquantaine

Mais me voilà en quarantaine

Je ressasse les mêmes rengaines      

Mes tempes blanchissent à vue d’œil      

De l’écume à l’encolure, l’estomac  sur l’étalon

Comme une vieille carne,  le souffle court

Je crois que  j’en  ai pris un coup            

Au trot, je boucle le parcours

Fatigué le pur sang arabo- andalou.

 

 

J’ai couru à perdre haleine

Après qui, pourquoi ?

C’était bien la peine

J’irai vendre mes oripeaux

Faire de la soupe dans des vieux pots

J’irai cul nu à Cotonou

Avec un sac chargé de cailloux

A moins que je prenne un train pour Marseille,

Et me faire des langoustines au pistou